Isolement et violence conjugale : il est toujours possible de fuir

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La pandémie de la COVID-19 force les Québécois à prendre des mesures importantes d’isolement et de distanciation sociale. Ces mesures sont essentielles pour protéger la population québécoise. Toutefois, elles peuvent augmenter les incidents de violence conjugale et familiale et isoler davantage les victimes.

Si vous êtes victime de violence conjugale ou que vous connaissez quelqu’un qui pourrait l’être, voici quelques informations importantes.

Vous pouvez appeler à l’aide

Composez le 911 si vous avez peur pour votre sécurité ou que vous connaissez quelqu’un qui a besoin d’une aide immédiate. Même si vous ne dites rien lors de l’appel, les policiers feront généralement une visite à l’endroit d’où provient l’appel.

Il est toujours autorisé de fuir son domicile

Les gouvernements canadien et québécois ont interdit les rassemblements, et recommandent fortement de rester chez soi. Toutefois, il n’est pas interdit de circuler dans les rues. Si vous vivez de la violence ou que vous vous sentez en danger, vous avez le droit de quitter votre domicile.

Les ressources d’aide et de soutien aux victimes restent ouvertes

Les ressources d’aide sont disponibles même durant la pandémie. Les lignes d’appel d’urgence sont actives, et les maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale sont ouvertes.

SOS violence conjugale

Contactez SOS violence conjugale si vous êtes victime de violence ou si vous connaissez quelqu’un qui pourrait être en danger. Des intervenantes offrent des services d’information, de soutien et de référence vers des ressources adaptées aux besoins des victimes. Vous pouvez appeler en tout temps au 1-800-363-9010.

Maisons d’hébergement

Contactez une maison d’hébergement pour trouver une chambre disponible. Ces maisons sont ouvertes malgré la pandémie et accueillent des femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants partout au Québec.

Les maisons d’hébergement ont adopté des protocoles sanitaires et des règles strictes pour éviter la contamination. Par exemple, certaines maisons ont prévu un isolement obligatoire de 14 jours pour les nouvelles arrivées ou encore des chambres isolées pour le confinement des personnes qui ont des symptômes. 

Pour trouver une maison d’hébergement, contactez SOS violence conjugale ou consultez la liste des maisons membres du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale ou celle de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes.

Ligne d’assistance juridique de Juripop

Contactez la ligne d’assistance de Juripop si vous êtes victime de violence conjugale et avez besoin de conseils juridiques. Un avocat pourra réponde gratuitement à vos questions, notamment en ce qui concerne la garde de vos enfants. Par exemple, ils pourront vous conseiller si vous souhaitez quitter votre domicile, ou si vous avez des questions sur le respect d’un jugement de garde pendant la pandémie.

Les consultations sont confidentielles. Vous pouvez appelez tous les jours de la semaine au 1 (844) 312-9009.

N’hésitez pas à profiter d’une marche ou de votre épicerie pour contacter l’une de ces ressources.

De l’aide financière existe

Certaines victimes peuvent hésiter à quitter leur domicile, car elles sont dans une situation financière précaire. Plusieurs programmes soutiennent financièrement la population pendant la pandémie.

Consultez la section « Indemnisation disponible » de notre dossier pour en savoir plus.

Le programme régulier d’aide sociale continue également de s’appliquer.

Que faire si vous connaissez quelqu’un qui vit de la violence?

Gardez contact régulièrement avec la personne (ex. appel téléphonique ou texto). Sans mettre de pression, montrez-vous disponibles. L’isolement des victimes de violence conjugale est un phénomène déjà existant, et les mesures d’isolement les rendent encore plus vulnérables.

Vous pouvez iconsulter les ressources d’aide et nformer la victime. Rappelez-lui de faire le 911 en cas d’urgence ou de se rendre à l’hôpital en cas de blessure. Si vous croyez que la personne a besoin d’une aide immédiate, faites le 911.

Contactez le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) de votre région si vous êtes inquiet pour la sécurité ou le développement d’un enfant. Pour signaler une situation au DPJ, il n’est pas nécessaire d’être certain à 100% que cette situation est problématique. Votre identité demeurera confidentielle.