Intimidation et cyberintimidation : même au travail?

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Chaque année le dernier mercredi de février marque la Journée du chandail rose qui a pour but de sensibiliser les Canadiennes et Canadiens à l’intimidation. Et l’intimidation, ça ne se passe pas qu’à l’école! Dans le contexte du travail, l’intimidation ou la cyberintimidation peuvent être considérées comme du harcèlement psychologique. 

Au premier plan, un homme est assis seul d’un côté d’une table de bureau, l’air préoccupé. En arrière-plan, quatre personnes floues, assises de l’autre côté de la table, rient et le montrent du doigt.

L’intimidation peut être des paroles, des gestes, des images ou des comportements qui blessent, humilient, excluent socialement une personne ou qui ont pour effet de faire perdre l’estime de soi. Elle peut être intentionnelle ou non.

On parle de cyberintimidation quand une personne en intimide une autre en utilisant un moyen technologique comme les réseaux sociaux ou les plateformes de collaboration comme Microsoft Teams.

L’intimidation au travail : du harcèlement?

Au travail, l’intimidation, ce n’est pas banal : ça peut être considéré comme du harcèlement psychologique.

Elle peut être générée par les collègues, les gestionnaires, la clientèle ou un fournisseur.

Pour savoir si vous vivez du harcèlement psychologique au travail, vous pouvez généralement vous poser les questions suivantes :

  • Est-ce que vous êtes la cible de comportements abusifs, humiliants ou offensants qui sont hostiles ou non désirés?
  • Ces comportements sont-ils répétés?
  • Portent-ils atteinte à votre dignité ou à votre intégrité?
  • Les comportements rendent-ils votre milieu de travail néfaste?

Si vous avez répondu « oui » à toutes ces questions, vous vivez peut-être du harcèlement.

Des cas concrets

De nombreuses allégations de harcèlement psychologique au travail ont été examinées par les tribunaux du Québec. Mais, ce n’est pas parce qu’une situation est difficile ou désagréable au travail qu’il y a du harcèlement.

Les tribunaux ont notamment jugé que le droit de gestion de l’employeur, les conflits de travail, le stress lié aux tâches et les conditions de travail difficiles ne sont pas, en soi, du harcèlement psychologique. Même si elles peuvent être désagréables, ces situations ne sont pas nécessairement abusives, humiliantes ou offensantes.

À l’inverse, les tribunaux reconnaissent que des comportements comme des cris, des menaces de même que des paroles et reproches prononcés devant les collègues de travail, des évaluations négatives répétées et des directives de travail contradictoires ou erronées peuvent être considérés comme du harcèlement psychologique de la part de la direction.

De même, une attitude répétée d’intimidation, de dénigrement ou d’hostilité, par exemple, par des surnoms dégradants ou des remarques désobligeantes sur le travail et la personnalité d’une personne, peut créer un climat de travail néfaste qui porte atteinte à sa dignité et à son intégrité psychologique.

Parfois, le harcèlement psychologique prend une forme encore plus grave. Des gestes comme des agressions, des voies de fait ou des menaces de mort, lorsqu’ils surviennent en milieu de travail, peuvent à la fois être du harcèlement psychologique et un comportement criminel.

Des options pour faire face à ces situations

Si vous vivez du harcèlement psychologique au travail, vous pouvez aviser votre employeur de la situation. Celui-ci a l’obligation d’agir pour prévenir les situations de harcèlement et les faire cesser en appliquant sa politique de prévention. Si vous êtes membre d’un syndicat, vous pouvez également le contacter pour recevoir du soutien.

Des organismes comme le GAIHST (Groupe d’aide et d’intervention contre le harcèlement sexuel au travail) ou Juripop peuvent vous aider à comprendre vos droits ou à faire une plainte auprès de l’organisme approprié, selon la situation. Par exemple, il se peut que vous puissiez faire une plainte auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) ou de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

Certains actes d’intimidation ou de cyberintimidation plus graves peuvent être considérés comme des crimes. Si un crime a été commis, vous pouvez porter plainte à la police.

Enfin, vous pouvez poursuivre la personne qui vous harcèle devant un tribunal civil pour les dommages subis, comme une perte de salaire ou l’anxiété et le stress.

Si le tribunal détermine que les propos ou les gestes de la personne sont fautifs et qu’ils vous ont causé des dommages, vous pourriez recevoir une compensation financière.

Vous ou l’une ou l’un de vos proches vivez une situation d’intimidation ou de cyberintimidation? Plusieurs ressources peuvent vous venir en aide.

Les personnes de moins de 18 ans peuvent contacter des organismes comme Tel-Jeunes ou Jeunesse, J’écoute. Le gouvernement du Québec propose également de nombreuses ressources utiles au grand public.