Un seul programme permet dorénavant aux travailleuses et travailleurs qualifiés de déposer leur candidature afin de s’établir au Québec : le Programme de sélection des travailleurs qualifiés du Québec (PSTQ). Du moins, jusqu’à nouvel ordre, puisque la nomination prochaine d’une nouvelle première ministre ou d’un nouveau premier ministre à l’Assemblée nationale pourrait changer la donne.

La possibilité que le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) soit temporairement rétabli pour faciliter la transition a été évoquée dans le cadre de la course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec. Mais que ce soit le cas ou non, un fait demeure : le PSTQ est actuellement la seule voie pour les travailleuses et travailleurs qualifiés souhaitant immigrer de façon permanente au Québec.
Comment cela fonctionne-t-il et qu’est-ce qui distingue ce nouveau programme des anciens? Nous avons posé la question à deux avocats spécialistes en droit de l’immigration, Me Patrice Brunet et Me Julien Otis-Bouchart d’Orval.
Un meilleur contrôle
Selon Me Brunet, l’objectif du gouvernement est de se donner une plus grande marge de manœuvre et de prévisibilité pour répondre aux besoins de main-d’œuvre au Québec et de mieux contrôler les demandes de Certificats de sélection du Québec. Pour rappel, c’est avec ce certificat en main qu’une personne résidant au Québec peut présenter sa demande de résidence permanente.
Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés du Québec (PSTQ) est un programme fondamentalement différent du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) précise l’avocat. « Le PEQ est un programme où le gouvernement n’avait aucun contrôle, dit-il. Alors, quand on remplissait les quelques critères qui existaient soit pour les étudiants ou les travailleurs, le gouvernement avait les mains liées. Il était obligé d’émettre un Certificat de sélection du Québec. »
Cette obligation de donner un certificat à une personne qui se qualifie n’existe plus avec le PSTQ, affirme l’avocat. La travailleuse ou le travailleur qualifié doit inscrire son profil dans le programme et le gouvernement envoie des invitations à des personnes précises pour qu’elles fassent une demande pour un Certificat de sélection du Québec. Les invitations sont envoyées selon des critères qui peuvent changer périodiquement.
Ces critères peuvent parfois reposer sur une région ou une profession spécifique qui ont un besoin de main-d’œuvre.
Un système de pointage
Lorsqu’une travailleuse ou un travailleur qualifié inscrit son profil dans le programme, cette personne cumule des points. « Des points qui sont calculés selon plusieurs facteurs, dont l’âge, le niveau d’éducation, le nombre d’années d’expérience, la connaissance du français, s’il y a des enfants mineurs ou non », énumère Me Brunet.
Le fait d’habiter à l’extérieur du Grand Montréal permet aussi d’obtenir des points, ajoute Me Julien Otis-Bouchart d’Orval.
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En résumé, parmi les conditions permettant d’être accepté en priorité, il y a :
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Un programme divisé en quatre volets
Lorsqu’une personne s’inscrit au PTSQ, elle doit trouver le code de la Classification nationale des professions qui correspond à sa profession principale. C’est ce qui détermine quel est le volet du programme auquel elle est admissible.
« [Cette classification] catégorise chacun des postes qu’on peut imaginer, explique Me Brunet. Notre travail comme avocat est de faire correspondre la description de tâches du travailleur au bon poste d’emploi ».
Le PTSQ se divise en quatre volets :
- Volet 1 : Haute qualification et compétences spécialisées
- Volet 2 : Compétences intermédiaires et manuelles
- Volet 3 : Professions réglementées
- Volet 4 : Talents d’exception
Comme les conditions d’admissibilité diffèrent d’un volet à l’autre, une personne qui souhaite obtenir son Certificat de sélection du Québec en s’inscrivant à ce programme a-t-elle nécessairement besoin d’être accompagnée par une ou un juriste?
« N’importe qui peut se présenter soi-même devant les tribunaux ; n’importe qui peut remplir sa déclaration d’impôt ; et donc, par la même analogie, n’importe qui peut faire sa demande d’immigration par lui-même », répond Me Brunet.
En revanche, plusieurs personnes décident d’engager une professionnelle ou un professionnel pour faire leur demande d’immigration, soutient-il. « Premièrement, parce que les procédures sont extrêmement complexes en 2026. Et deuxièmement, il n’y a aucune place à l’erreur, prévient l’avocat. À partir du moment où il y a une simple erreur […] la demande sera généralement refusée sans processus d’appel ou de révision. »
Mais, cela demeure le choix des personnes, malgré l’incertitude qu’a provoquée la fin du PEQ. Une incertitude qui est également alimentée par son possible retour, du moins de manière temporaire, afin de permettre aux personnes déjà installées au Québec d’obtenir leur Certificat de sélection du Québec.
À cela s’ajoute l’impossibilité pour certaines d’entre elles de renouveler leur permis de travail au fédéral, afin de leur laisser le temps de s’inscrire au PSTQ et de recevoir une invitation.